Les tabous sexuels les plus persistants

La sexualité a été, pendant des siècles, encadrée et souvent contrainte par les doctrines religieuses qui dressaient une frontière nette entre les actes considérés comme « purs » et ceux jugés « impurs ». L’héritage de cette influence est lourde : elle a longtemps relégué tout ce qui sortait du cadre hétérosexuel et procréatif à la marge de l' »inacceptable ». Mais les choses changent. Avec le temps, la société évolue, et la liberté sexuelle gagne du terrain, réduisant le champ d’action de ces anciennes normes. Pourtant, malgré une ouverture croissante, certains tabous persistent, résistant aux vagues de modernité. Découvrons ensemble les plus tenaces parmi eux.

La pratique de la sodomie

La pratique de la sodomie

La pratique de la sodomie, un sujet enveloppé dans les ombres du tabou, continue de susciter controverse et curiosité dans notre société. À travers les âges, ce type de sexualité a été stigmatisé, souvent jugé immorale sous le prisme de vieilles croyances et d’une morale rigide. Pourtant, l’exploration du sexe anal représente pour moi, comme pour beaucoup, une facette de l’intimité qui peut enrichir l’expérience érotique, à condition, bien entendu, que le désir soit partagé et la pratique sécuritaire.

Il est fascinant de constater comment le sexe anal est pratiqué par un nombre croissant de personnes, qui y trouvent une source de plaisir distincte et tout à fait légitime. Pour certain(e)s d’entre nous, il s’agit d’une option érotique de plus, qui, loin d’être réduite à une ‘position’, est une expérience sensuelle complète, impliquant confiance, communication et ouverture d’esprit. Et oui, j’insiste sur la communication car c’est la clé pour une expérience mutuellement gratifiante.

Il n’y a pas de honte à avoir des préférences, tout comme il n’y a pas de ‘bon’ ou de ‘mauvais’ sexe tant que les actes sont consensuels et plaisants pour les partenaires impliqués. Si vous êtes curieux à propos de la sodomie, il est crucial de s’informer sur les bonnes pratiques : l’utilisation de lubrifiants (voir comment bien choisir son lubrifiant intime), la patience, le respect du rythme de chacun, et surtout, le consentement éclairé de tous les partenaires.

J’ai discuté avec des amies et des lecteurs qui ont partagé avec moi des expériences variées : pour certain(e)s, la sodomie est devenue une partie régulière de leur vie sexuelle tandis que pour d’autres, elle reste une terre inconnue. Et c’est très bien ainsi. L’important, c’est de ne jamais se sentir obligé(e) d’adopter une pratique qui ne nous correspond pas.

Fantasmer sur une autre personne

L’univers des fantasmes est aussi vaste et varié que les étoiles dans le ciel nocturne – infini, mystérieux et absolument captivant. Quand je pense à l’imaginaire érotique, je me vois comme une auteure avec une plume inépuisable, chaque pensée érotique étant une histoire qui n’attend que d’être contée. N’est-ce pas la beauté de l’esprit humain, après tout, de pouvoir voyager au-delà des frontières de la réalité actuelle ?

En tant que camgirl et bloggeuse sexe, je sais que fantasmer sur quelqu’un d’autre tout en étant en couple est souvent mal vu, comme un interdit silencieux que beaucoup jugent nuisible. Mais détrompez-vous : il est naturel de reconnaître la beauté ou le sex-appeal d’autrui, que vous soyez amoureux ou non. L’important, c’est ce que l’on fait de ces fantasmes. Je crois fermement que ces escapades mentales peuvent être enrichissantes pour notre propre sexualité et notre vie de couple.

J’ai souvent entendu dire que fantasmer sur un autre était le signe d’un manque ou d’une insatisfaction. Mais en vérité, c’est un hommage à notre diversité et à notre capacité d’apprécier la beauté sous toutes ses formes. Qui n’a jamais eu un frisson en pensant à un acteur, un personnage de roman, ou même à un inconnu croisé dans la rue ? Ces pensées fugaces sont des étincelles qui peuvent allumer le feu de la passion et de la créativité sexuelle.

Pourtant, ce tabou persiste, comme un vieux fantôme de la morale traditionnelle. Il est temps de le confronter. Si je trouve mon barista incroyablement sexy ou si je m’égare en pensant à mon collègue de sport, cela ne diminue en rien l’amour profond et respectueux que j’ai pour mon partenaire. Ces fantasmes, s’ils sont intégrés de manière saine dans notre vie, ne devraient pas être une source de culpabilité mais plutôt une opportunité de dialogue avec notre partenaire.

Dans ma propre expérience, partager ces petits secrets peut même renforcer la confiance et l’intimité. Parler de ce qui nous allume peut ouvrir des portes vers de nouvelles aventures à deux, explorer ensemble des scénarios qui étaient jusqu’alors confinés à notre imagination. Bien sûr, la communication et le respect mutuel sont essentiels ici. Comme pour tout dans le sexe, il s’agit de trouver l’équilibre qui convient à chacun, sans jugement ni pression.

Avoir une sexualité après 60 ans

Avoir une sexualité après 60 ans

L’idée que la sexualité a une date d’expiration est un mythe que je m’efforce de déconstruire à chaque occasion. Lors de mes shows de camgirl, j’ai eu le privilège d’échanger avec des personnes de plus de 60 ans, principalement des hommes, qui m’ont ouvert les yeux sur une réalité souvent ignorée : le désir ne connaît pas de retraite.

La société a, pendant trop longtemps, éclipsé la sexualité des seniors, la reléguant à un non-sujet, voire un sujet de dégoût. Cette perspective est non seulement dépassée, mais elle est aussi profondément injuste. L’église, avec son plaidoyer pour une sexualité purement reproductrice, a pu contribuer à ce regard biaisé, mais aujourd’hui, il est temps de reconnaître que le plaisir et la connexion sont des aspects de la vie humaine qui ne s’éteignent pas avec l’âge.

Dans mes échanges et shows en Cam2Cam, j’ai vu des hommes de cet âge-là rayonner d’une vitalité et d’une curiosité sexuelle qui pourraient faire rougir bien des jeunes. Leurs expériences de vie, souvent riches et diversifiées, apportent une profondeur à leur sexualité qui est à la fois touchante et instructive. Et oui, ils ont parfois des défis physiques à surmonter, mais la créativité dans l’intimité ne s’estompe pas avec les années ; elle se transforme, s’adapte, et peut même s’intensifier.

Nous devons briser le stigmate qui voit la vieillesse et la sexualité comme incompatibles. En tant que société, nous devons offrir des ressources, des informations et surtout du respect aux seniors pour soutenir leur droit à une vie sexuelle épanouie. Le sexe après 60 ans n’est pas seulement possible, il est normal, naturel et, osons-le dire, nécessaire pour une vie bien remplie. Les conseils donnés dans mon article sur comment rester au top de sa vie sexuelle après 40 ans sont finalement valable à tout âge, même à 60 ans est plus.

Il est grand temps de reconnaître que le désir sexuel et la capacité à en jouir ne s’évaporent pas comme par magie à l’aube de la soixantaine. L’érotisme a le pouvoir de transcender les rides et les cheveux blancs, de définir la vie non pas en années mais en expériences et en plaisirs partagés. Je suis ici pour témoigner que la sexualité, dans sa magnifique diversité, est intemporelle.

Regarder de la pornographie

Regarder de la pornographie

Il est cocasse pour une camgirl de parler du tabou de la pornographie tant cet aspect fait partie intégrante de ma vie… L’industrie du porno engrange des fortunes et pourtant, dans la réalité du quotidien, peu de gens osent avouer leur consommation de films pour adultes ou de leur sessions de sex cam sur cum.express pour trouver la camgirl de leurs rêves (ce n’est pas moi ?). Mais soyons honnêtes, la pornographie n’est-elle pas juste une autre facette de notre culture qui célèbre la diversité des désirs?

Je vois la pornographie comme un outil, un catalyseur pour pimenter l’existence de ceux qui cherchent à enrichir leur répertoire sexuel ou à s’évader dans un monde de fantasmes. Loin de l’idée reçue que regarder de la pornographie indique une insatisfaction dans le couple, j’affirme qu’elle peut être un tremplin pour une communication plus ouverte et une exploration mutuelle des désirs et des besoins.

Dans mon expérience personnelle, certes un peu biaisée par mon activité de camgirl, discuter de pornographie avec des partenaires a souvent été synonyme de découvertes et d’échanges enrichissants. Cela peut être l’occasion de parler de ce qui nous excite, ce que nous aimerions essayer et, oui, de ce qui nous trouble aussi. Le but n’est pas de remplacer l’intimité partagée mais de la compléter, de la stimuler avec de nouvelles idées.

Le véritable tabou n’est pas tant de regarder de la pornographie, mais plutôt la façon dont nous l’abordons dans nos conversations et notre vie de couple. C’est un domaine qui mérite d’être exploré avec curiosité et respect, sans la honte qui y est trop souvent associée. En tant que camgirl, j’encourage une approche de la pornographie qui reconnaît sa place dans notre vie érotique tout en comprenant que, comme tout, elle doit être consommée avec modération et discernement (car il y a effectivement certaines personnes addictent à la pornographie).

Pour celles et ceux en couple, je vous suggère d’aborder le sujet de la pornographie ensemble, non pas comme un concurrent, mais comme un invité qui peut potentiellement apporter de la joie et du nouveau à votre dynamique sexuelle. Et pour les célibataires, se rappeler que la pornographie est un des nombreux moyens d’explorer et de satisfaire sa propre sexualité, sans jugement ni contraintes.

La pornographie doit donc être considérée comme ce qu’elle est : une facette de l’expression sexuelle humaine, un espace où les fantasmes prennent vie. Elle est là pour nous servir, pour éveiller en nous des sensations et des possibilités parfois insoupçonnées, et non pour nous définir ou nous limiter.

Avoir du sexe pendant les règles

Lorsque l’on parle de sexe pendant les règles, on aborde souvent la question avec une certaine réticence. Mais en y regardant de plus près, pourquoi devrait-on s’abstenir ? C’est un sujet dont j’aime parler ouvertement pour lever le voile sur les non-dits. La pénétration vaginale est, en effet, toujours possible et peut être tout aussi plaisante, sinon plus, pour certains couples pendant cette période. Avec des discussions ouvertes, une préparation adéquate comme l’utilisation de serviettes foncées, une bonne douche préalable, et l’emploi d’un bon lubrifiant, elle peut se dérouler dans le confort et la complicité.

Pour celles et ceux qui sont à l’aise avec l’idée, le sexe oral et la pénétration anale durant les menstruations peuvent être d’excellentes façons de maintenir l’intimité. Le sexe oral, pratiqué avec soin, peut être une expérience intime très enrichissante : l’utilisation de tampons ou de coupes menstruelles peut aider à maintenir la propreté et le confort pour un bon cunnilingus et les règles n’empêche en rien une bonne fellation). Pour la pénétration anale, l’importance d’une bonne lubrification et d’une communication ouverte ne peut être surestimée. Ces pratiques peuvent également aider à réduire la sensation de congestion ou de malaise que certaines femmes ressentent durant leur cycle.

Il est essentiel de se rappeler que chaque personne est différente et que ce qui est confortable pour l’une ne l’est pas nécessairement pour l’autre. Écouter son corps et respecter ses propres limites est crucial. En parlant de sexualité pendant les règles, nous normalisons le fait que les femmes sont des êtres sexuels à part entière, tous les jours du mois. Cela fait partie de l’acceptation de la nature cyclique de notre corps et du respect de sa beauté intrinsèque.

Bref, que ce soit pour le sexe vaginal, oral ou anal, les règles ne sont pas un obstacle, mais plutôt une variation dans le vaste spectre de la sexualité humaine. Je plaide pour une approche qui embrasse cette période avec positivité et respect, sans hésiter à explorer toutes les dimensions de la passion et du plaisir.

La baisse du désir chez l’homme

Il y a quelque chose de profondément erroné dans la façon dont la société perçoit la baisse de libido chez l’homme. Ce phénomène, fréquemment discuté pour les femmes, reste un terrain glissant quand il s’agit du vécu masculin. On attend des hommes qu’ils soient constamment le symbole de la puissance sexuelle et, quand ils ne le sont pas, le malaise s’installe. La vérité est que le désir est une marée changeante influencée par le stress, la fatigue et une pression énorme à « performer » qui pèse lourd sur leurs épaules.

Dans mes échanges avec mon audience, j’ai souvent entendu des hommes exprimer une gêne à avouer leur manque d’envie, comme s’ils trahissaient un non-dit de la masculinité. Ces confessions soulignent l’importante pression sociétale qui façonne leur comportement et leur estime de soi. Pourtant, il est naturel, et même attendu, que le niveau d’intérêt pour le sexe varie tout au long de la vie.

Il est essentiel de démystifier la perception que les hommes doivent toujours être dans l’état d’ardeur maximale. Les causes de la baisse de libido chez l’homme sont multiples et peuvent être liées à des facteurs physiologiques, comme un déséquilibre hormonal, ou psychologiques, comme l’anxiété ou la dépression. Ignorer ces aspects est non seulement inexact mais aussi potentiellement dommageable pour leur bien-être émotionnel et physique.

Reconnaître et valider la baisse de désir chez l’homme ouvre la porte à des relations plus authentiques et satisfaisantes, où l’intimité ne se mesure pas seulement par la fréquence des rapports sexuels mais par la qualité de la connexion et de l’échange émotionnel. En fin de compte, ce que nous devons tous chercher, c’est un équilibre où chaque individu se sent valorisé et compris, au-delà des mythes de la virilité.

L’incapacité à avoir un orgasme vaginal

L'incapacité à avoir un orgasme vaginal

La quête de l’orgasme vaginal est pour certaines femmes une véritable odyssée, une recherche de l’« ultime sensation » que la culture populaire a érigée en symbole de l’épanouissement sexuel ultime. Chaque semaine, ma boîte mail déborde de questions de femmes cherchant désespérément à atteindre ce fameux graal. C’est une pression inutile qui, je pense, détourne de la joie et de la variété que le sexe a à offrir.

Il est crucial de comprendre que la physiologie de chaque femme est unique et que l’orgasme vaginal n’est pas une fin en soi. En réalité, une grande partie des femmes atteignent l’orgasme plus facilement par la stimulation clitoridienne que par la pénétration vaginale. Cette réalité est loin d’être un défaut ou une insuffisance et je vous invite à lire mon article pourquoi le clitoris est bien plus important que vous ne le pensez; c’est plutôt une invitation à célébrer la diversité de nos corps et de nos plaisirs.

En tant qu’exploratrice de la sexualité féminine, je vous encourage à embrasser votre individualité et à expérimenter avec curiosité et ouverture. Plutôt que de poursuivre un idéal éloigné, pourquoi ne pas chercher à connaître ce qui vous procure du plaisir de manière authentique ? Que ce soit à travers le toucher, la masturbation, les jouets sexuels, ou les fantasies érotiques, l’important est de se sentir connectée à son propre désir et bien-être.

Pour celles qui se demandent encore comment enrichir leur expérience orgasmique, sachez que la communication avec votre partenaire (n’ayez pas peur de lui demander un bon cunnilingus en échange d’une bonne fellation ;-)), la détente, et une exploration ludique peuvent grandement améliorer votre intimité. Et surtout, rappelez-vous : chaque orgasme, quel qu’il soit, est un cadeau, et la variété des chemins menant à l’extase est à célébrer, pas à condamner.

Pratiquer le fétichisme, le BDSM, l’échangisme, etc.

Fétichismes, BDSM, et échangisme… ces mots évoquent souvent des images de pratiques sexuelles à la limite de ce que certains considèrent comme « acceptable ». Pourtant, la réalité est que ces expériences sont des facettes d’une sexualité riche et diversifiée, et elles méritent d’être discutées avec honnêteté et ouverture. Pour ceux qui pratiquent ces activités, elles sont sources d’enrichissement et d’épanouissement sexuel dans un cadre consensuel et respectueux.

Prenons le fétichisme, par exemple. Il s’agit simplement d’attribuer une charge érotique particulière à un objet ou à une partie du corps non génitale. C’est une preuve de la capacité imaginative de l’esprit humain dans sa recherche de plaisir. Et le BDSM ? Loin de se résumer à une caricature de domination et de soumission, il s’agit d’un jeu de rôle consensuel où le contrôle et la vulnérabilité se mêlent dans une danse de pouvoir partagée, encadrée par des règles strictes de sécurité et de confort.

Quant à l’échangisme, ce n’est pas un signe de manque ou d’insatisfaction, mais plutôt une exploration commune du désir et de la sexualité avec d’autres partenaires, souvent expérimentée dans le cadre de relations solides et ouvertes. Les soirées échangistes ne sont pas des terrains de débauche sans règles mais des espaces où le respect mutuel est la norme, et où la communication est primordiale.

Ce qui est essentiel, c’est de reconnaître que la sexualité peut être exprimée de multiples façons. Et oui, il peut être difficile de parler de ces pratiques, car les préjugés sont tenaces. Mais rappelons-nous que tant que tout le monde est d’accord et heureux, il n’y a pas de « mauvaise » façon de vivre sa sexualité.

Ainsi, que vous soyez dans la chambre à lacets et à cuir, ou que vous échangiez des partenaires dans un accord mutuel, il n’y a pas de place pour la culpabilité ou la honte. Ces pratiques ne sont pas des déviations, mais des expressions de liberté individuelle et de préférence personnelle dans la recherche du plaisir et de la connexion humaine.

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