La vérité sur le point G

Un des trucs dont j’ai parlé hier lors d’une soirée entre filles est le point G. Soit on ne sait pas ce que c’est, soit on considère qu’il n’existe pas, soit on ne l’a pas trouvé,…ET CA CRAINT.

Il y a bien quelques filles curieuses qui ont expérimenté et qui m’en parle car elles savent que je suis devenue camgirl et que j’ai donc l’habitude de me masturber et d’utiliser des sextoys pour stimuler le point G. Mais la plupart étaient plus « ignares » que justement curieuses sur le sujet du point G…
Non par ce que ce foutu point G, on l’a tout à la fois sacralisé, mythifié et pourtant on a zéro info disponibles à son sujet. Ca me gonfle, on va en parler.

Anatomiquement parlant, c’est quoi le point G ?

Alors non, le point G n’est pas un mythe, il existe bel et bien, c’est une réalité anatomique. Simplement, son nom est erroné: c’est pas un « point », c’est un complexe en volume, composé en gros de 3 types de tissus superposés.
Je m’explique.

Le clitoris, c’est un gros organe érectile (= qui se remplit de sang et gonfle lorsqu’on est excitée), dont on voit une petite partie en externe, mais qui possède également une grande partie en interne, à cheval sur le vagin et l’urètre. Vu de face, on trouve donc de bas en haut: le vagin, l’urètre, et la jonction des différentes branches du clitoris.

clitoris et point G

Autour de l’urètre, sous le point ou les branches du clitoris se rejoignent, on trouve une masse de tissus érectiles, qui affleure en une zone de la paroi vaginale (on peut facilement la sentir avec ses doigts, c’est une partie légèrement spongieuse/striée/rugueuse sur la face antérieure du vagin).

position du point G

Le point G, c’est donc l’ensemble de ces tissus. On devrait parler en fait de « complexe vagino-urètro-clitoridien » si on voulait être précis, m’enfin déjà que le point G les gens trouvent ça compliqué, t’imagines si en plus fallait être précis ?

Le point G, endormi chez de nombreuses femmes ?

Le problème avec le point G, c’est qu’il est endormi chez une majorité de femmes. Normal, il n’est presque jamais stimulé de la bonne façon!
Les femmes ont été, pendant des années, essentiellement considérées comme un réceptacle à pénis. Sa sexualité est en creux, il faut la remplir, c’est le concept du sexe comme étant « la prise mâle dans la prise femelle », la complémentarité des formes. Du coup, la sexualité féminine est longtemps restée assujettie au « je mets mon pénis et je fais des va-et-vient » (le sexualité a souvent été limité à la seule pénétration).
Forcément, c’est pas comme ça qu’on va stimuler le point G: vu que c’est une zone en épaisseur, c’est pas en frottant vaguement 1/10ème de sa surface qu’on va arriver à quelque chose.
Bref, quand on à des relations hétérosexuelles, vu le peu d’infos relatives à notre anatomie, y’a de fortes chances pour qu’on laisse complètement notre point G à l’abandon.

Du coup, comment stimuler son point G?

Le point G, donc, on le stimule en appuyant dessus. Et fort. Il faut que la pression atteigne l’intégralité des tissus, et se répercute comme ça jusque dans le clitoris. Donc on appuie, vers le haut et légèrement vers l’avant, comme si on faisait du « viens ici » avec les doigts.
J’insisterais jamais assez sur l’intérêt de mettre ses doigts dans son vagin. C’est comme ça qu’on va apprendre à se connaître, qu’on va pouvoir essayer différents types de stimulation, qu’on va réveiller des zones érogènes endormies et mettre en émoi tout un tas de petits capteurs sensoriels.
Bref: mettez y les doigts. Votre vagin il n’est ni sale ni tabou, il est même plutôt sympa.

Partir en quête de son point G

Si le sujet vous intéresse et que vous avez envie de tenter la quête du point G, voilà un des nombreux modes d’emploi (y’en à des milliers d’autres, mais c’est une des guidelines possible):

  1. tu glisses 1 ou 2 doigts à l’intérieur de ton vagin, en longeant la face antérieure avec la pulpe de tes doigts. Tu vas sentir d’abord une zone lisse, puis un changement de texture sur 1cm, 1,5cm, puis lisse à nouveau. Bravo, la zone striée, c’est ton point G, tu l’as repéré.
  2. si tu appuies dessus direct, il ne va sans doute rien se passer. Ou alors tu auras une vague envie d’uriner. Ou alors ça sera carrément désagréable. C’est normal: le point G ne peut pas réagir sans excitation préalable.
  3. Sors tes doigts, et stimule la partie externe de ton clitoris. Tu fais bien ça comme tu veux, le but c’est que les tissus érectiles dont on a parlé se remplissent de sang, gonflent, et gagnent en sensibilité.
  4. Insère de nouveau tes doigts, ou un sex-toy, ou les doigts de ton-ta partenaire: le point G sera plus gonflé, plus sensible, et plus facile à repérer.
  5. C’est parti, on appuie. Vers le haut et vers l’avant, assez fermement. Clairement, ya très peu de chances pour que vous ayez un orgasme direct, et c’est NORMAL: ce sont des sensations nouvelles avec lesquelles il faut se familiariser, et il faut le temps au point G de se réveiller. Imagine, si tu n’avais pas utilisé tes mains depuis des années, tu vas pas faire de la broderie le premier coup.
  6. Ensuite, tu fais ce que tu veux. L’idée, c’est d’effectuer régulièrement les étapes précédentes, pour prendre conscience de cette zone, des sensations qu’elle procure, et pour la sensibiliser petit à petit.

Vous avez également la possibilité d’utiliser un sextoy spécial point G pour stimuler cette zone et atteindre, je vous le souhaite, un très fort orgasme.

J’en profite aussi pour rappeler que si ça ne marche pas, on s’en fout. Y’a pas de normal ou de pas normal, il y a juste des corps et des identités différentes, et tout un tas de facteurs qui font que ce qui marche pour l’une ne marchera pas forcément pour l’autre, ou pas à la même vitesse, ou pas sans quelques ajustements. La clé, c’est d’atteindre le plaisir sans culpabiliser et ce quel que soit le moyen utilisé.

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